
11 juillet 1994 : la déclaration officielle
Dans toute histoire d'association une des dates clés est la déclaration à
« Recueillir les témoignages des premiers acteurs du secteur de la protection de l'enfance et de l'adolescence ; créer un centre de repérage, recueil, conservation, exploitation des archives de ce secteur ; faciliter la rencontre de tous ceux qui sont soucieux de son histoire ; contribuer à la diffusion et à la valorisation des études, recherches et enseignements sur ce sujet ; transmettre ce patrimoine aux acteurs d'aujourd'hui et de demain »
Une réunion constitutive : celle de mai 1994
Précédant cette démarche administrative, il y a toujours une réunion constitutive durant laquelle se discutent les différents articles des statuts généraux. Pour le CNAHES, cette réunion se déroula le 28 mai 1994 au CREAI de Paris. Elle réunissait des ténors du monde associatif, tous fortement investis dans le secteur et quelques chercheurs. Elle donna lieu à des débats vifs, parfois houleux mais toujours passionnés. Les enjeux inhérents à la conception des statuts permettent de comprendre l'importance stratégique de certains articles, comme par exemple les articles 5 et 6 sur les adhésions, les articles 8 et 9 sur la composition du conseil d'administration et du bureau et les conditions de son renouvellement, l'article 13 sur les mesures à prendre en cas de dissolution. Ces discussions sont révélatrices des richesses mais aussi des limites de cette fameuse démocratie associative.
Un évènement fondateur : la (fameuse !) réunion de Bordeaux
Mais une réunion, toute constitutive qu'elle soit n'est jamais spontanée. Pourquoi ces personnes-là se sont rassemblées à ce moment donné, qu’est-ce qui a déclenché ce regroupement d’un premier cercle de fondateurs ? S’il serait possible de trouver plusieurs origines à cette aventure, il y a un événement qui a fait date, fédérateur ; cet événement c’est la réunion de Bordeaux, les 20, 21 et 22 mai 1993 rassemblant des anciens professionnels (plus d’une quarantaine) et des historiens. Pendant une soirée et deux jours pleins, nous avons vécu, travaillé, mangé et dormi sur place, une vie en monde clôt à l’image du lieu qui nous accueillait : le grand séminaire de Bordeaux. Cherchant à se démarquer d’emblée d’une réunion d’anciens combattants, l’objectif prioritaire était la préservation d'une ou des mémoires du secteur. Non sans réticences et controverses, il a été aussi finalement décidé de s’attacher à la conservation des autres traces de ce passé : archives écrites, iconographie, films… Certains des participants à ces journées ont en effet témoigné de l’imbrication étroite entre leur vie privée et professionnelle, étant de ce fait souvent détenteurs de fonds conséquents reflétant leur carrière riche en responsabilités de toutes sortes (expériences éducatives, direction d’établissements, administration de nombreuses associations tant au niveau local, régional que national, voire international). Ils ont pu alors exprimer leur souci de sauvegarder ce patrimoine, d’autant que leurs enfants ayant parfois suivi d’autres voies ne pouvaient s’engager à prendre le relais.
Une création du CNAHES : le CAPEA
En 1995, le CNAHES a donc fondé le Centre des archives de