conservatoire national des archives et de l'histoire de l'éducation spécialisée et de l'action sociale

Trombinoscope


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  • Henri Kegler

    1922 - 2012

    Né le 25 mai 1922 à Gundolsheim (Haut-Rhin), Henri Kegler n’a que 17 ans lorsqu’en septembre 1939, le brevet élémentaire en poche et parvenu en première année d’Ecole normale, il est sollicité pour un remplacement impromptu d’éducateur dans une maison privée d’éducation surveillée qui se trouve à Zelsheim. Celui qui le fait venir est le Frère Bernard Arnold, ancien professeur puis directeur du collège d’Henri Kegler à Matzenheim, devenu le directeur de cette maison créée en 1892 qui est également tenue par la Congrégation des Frères de Matzenheim.
    A l’automne 1940, il est arrêté par la Gestapo et interné en même temps que les Frères de la congrégation au KZ de Schirmeck, camp de redressement, d'extermination et de déportation destiné aux Alsaciens et Lorrains refusant les « bienfaits de la germanisation ». Le centre est fermé, il rouvrira à la Libération sous le nom de Centre Mertian à Andlau. Henri Kegler rejoint en 1940 l'École normale d'Obernai réfugiée au monastère de Solignac en Haute-Vienne en tant qu'élève, puis enseignant. En 1946, il reprend ses études à l’Institut Pédotechnique de Toulouse et devient éducateur de groupe pendant deux ans et instituteur dans une classe d’adolescents à Montesson.
     
    En 1949, Henri Kegler arrive à Caen, date de l'ouverture du centre d'observation de Champ-Goubert à Évrecy dont il assure la responsabilité. Il y rencontre sa future épouse, s'installe en Normandie, et fonde une famille de quatre enfants. En 1954, il est appelé par le Directeur de l’Ecole Départementale de Rééducation de la Seine pour prendre le poste de Directeur Adjoint de l’Ecole d’Educateurs Spécialisés de Paris à Epinay sur Seine. Il y restera jusqu’en 1955. Il œuvre entre temps à l’ouverture en 1956 du Foyer Henri Guibé, un foyer de semi-liberté, accueillant une trentaine de jeunes pré-délinquants ou délinquants.
    C'est en 1959, qu'il devient le fondateur de l'Association calvadosienne pour la sauvegarde de l'enfance et de l'adolescence (ACSEA) qui vient en aide chaque année à plus de 10 000 usagers et développe son action au travers d'une vingtaine d'établissements. Jusqu'à son départ en retraite à la 1983, il ouvre dans le Calvados pas moins d'une quinzaine d'établissements et de services au bénéfice des enfants, adolescents, adultes, familles, en grande difficulté, handicapés, inadaptés isolés ou en difficulté d'insertion. En 1964, il devient également le directeur fondateur du CREAI de Basse-Normandie, tout en continuant à assurer la direction de l’ACSEA.
    Pionnier et fondateur de nombreux groupements, il assume de nombreuses responsabilités sur le plan national : notamment au sein du GNDA (Groupement National des Directeurs d’Association du secteur social et médico-social), de l’AFSEA (Association Française pour la Sauvegarde de l’Enfance et de l’Adolescence), de l’ANEJI, (Association Nationale des Educateurs de Jeunes Inadaptés) , du SNASEA (Syndicat Employeur) et dans les instances de l’Economie Sociale.
    En 1985, deux ans après sa retraite, il reçoit la croix de chevalier de la Légion d'honneur.
     
    Texte augmenté à partir d'une notice d’Annick Bayeux, assistante de direction ACSEA, 2012
    Illustration : archives CNAHES, Henri Kegler aux journées de Bordeaux (mai 1993)
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  • Anne-Marie de La Morlais

    1893 - 1967

    Née à Dreux, Anne-Marie de Coynart est la fille du journaliste et écrivain Charles de Coynart (1863-1941). Devenue majeure au moment où se déclare la Première guerre mondiale, elle s’engage comme infirmière, puis infirmière major à la Croix Rouge et est affectée à l’hôpital du Panthéon à Paris. Elle est décorée en 1917 de la médaille des épidémies. En 1919, elle épouse le colonel Armand des Prez de la Morlais, futur général de brigade aérienne dont elle aura huit enfants, mais dont elle se séparera pour se dédier entièrement à son œuvre.

    Elle est d’abord une membre active de la Croix-Rouge française dont elle devient la « dame commissaire de propagande pour le département des Côtes-du-Nord » (Ouest France, 17 mars 1938). Infirmière puis assistante sociale rattachée au tribunal de Saint-Brieuc, elle crée en 1937-1938 le service social de sauvegarde de l’enfance et de l’adolescence des Côtes-du-Nord puis, en 1939, celui d’Ille-et-Vilaine installé au Palais de Justice de Rennes. Elle est en contact étroit avec les expériences parisiennes, puisqu’elle rattache dès 1939 ses services au Comité français de service social, dont le siège est 6 rue de Berri dans le 8e arrondissement.

    En 1941, elle reçoit la visite de l’inspecteur général de l’enfance, Albert Rauzy, qui lui propose de devenir directrice technique régionale pour un projet de réorganisation de tous les services sociaux de la région.Si le projet échoue, un service social se structure dans les départements bretons qui en sont encore dépourvus. En août 1940, elle a surtout ouvert ce qui va devenir le centre de Ker Goat pour accueillir des enfants normalement justiciables de la prison. D’abord habilité par le secrétariat général à la Jeunesse, il est encadré par une équipe de jeunes scouts dirigés par Hubert Noël. En 1941, la résolution des difficultés du centre se fait au prix de la démission négociée d’Anne-Marie de la Morlais, jugée omniprésente et insuffisamment sélective dans l’accueil des garçons.

    Nommée à la Cour d’appel de Caen pour y organiser le service social auprès du tribunal ainsi que deux maisons de rééducation, elle finit par obtenir une audience particulière du maréchal Pétain à Vichy et est chargée de « faire des cours de rééducation d’après son expérience et de créer une école de chefs-éducateurs ». Le projet n’aboutit pas, mais elle donne une série de cours de juillet à novembre 1942, publiés sous forme de brochure aux éditions de la revue Sauvons l’enfance sous le titre « Cours de formation de chefs-rééducateurs : 10 cours » dans lesquels elle défend la nécessité de créer des structures d’internat encadrés par des jeunes issus du scoutisme. En janvier 1942, elle fonde le Service social de sauvegarde de l’enfance et de l’adolescence à Caen et tente de créer sans succès le pendant de Ker-Goat pour la Normandie. Le centre ferme en effet en 1943, dénoncé par la presse pour ses méthodes brutales.

    Conseillère de la JEC et également proche de la JOC, elle s’engage alors comme assistante sociale auprès des prisonniers de guerre et tente d'aider l'aumônerie clandestine constituée auprès des jeunes réquisitionnés en du Service du travail obligatoire en Allemagne. Arrivée à Berlin au printemps 1942, elle est dénoncée pour espionnage et arrêtée en septembre avant d'être déportée à Ravensbrück. Libérée en avril 1945, elle est nommée assistante sociale des armées alliées à Berlin à partir de 1946-1948. De retour en France, malade, elle se retire dans sa maison de Saint-Pair-sur-Mer.

    Texte : Sylvain Cid, 2012 (en particulier d'après Mathias Gardet, A. Vilbrod, L'éducation spécialisée en Bretagne 1944-1984, Rennes : PUR, 2007).
    Illustration : archives CNAHES.
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  • Louis Le Guillant

    1900 - 1968

    Né le 26 février 1900 à Lorient, il devient médecin des hôpitaux psychiatrique en 1931. Parallèlement à ses différents postes dans des hôpitaux, il est membre en 1943 et 1944 du Conseil technique de l'enfance déficiente et en danger moral, dirigé par le professeur Heuyer. De 1944 à 1947, il est conseiller technique auprès du ministre de la Santé, François Billoux, chargé de la coordination des services de l'enfance déficiente et en danger moral. Entre 1945 et 1968, il est membre du conseil d'administration des CEMEA (Centres d'Entraînement aux Méthodes d'Éducation Active). En 1949 et 1950, il prend la direction médicale du Centre d'observation de Vitry. En 1950, il participe à l'ouverture du Centre de traitement et de réadaptation sociale de Villejuif. Louis Le Guillant participe aussi à de nombreuses publications. Il fonde en 1946 la revue Sauvegarde (revue des ARSEA : les Associations régionales de sauvegarde de l'enfance et de l'adolescence) et est membre du comité de rédaction de la revue Enfance en 1948. Il est également le cofondateur en 1951 de La Raison, avec notamment les docteurs Bonnafé, Follin, Lafitte et Wallon. Il part à la retraite en 1965 et décède le 8 février 1968.
     
    Illustration : Louis Le Guillant, Quelle psychiatrie pour notre temps ?, Paris : Erès, 1984.
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  • Henri Lehmann

    1922 - 2010

    Henri Lehmann est né à Strasbourg Neudorf dans une famille modeste. A 7 ans il quitte Strasbourg pour Paris avec ses parents, passe son certificat d’études, puis reçoit en apprentissage une formation d’ajusteur-mécanicien et obtient un CAP en 1940. Mais c’est la guerre et, comme beaucoup d’Alsaciens, il se réfugie en Dordogne. Après l’armistice, de retour à Paris, il suit un stage de formation de cadre pour les centres de jeunesse, mais ce n’est qu’un bref passage dans ce secteur, et il trouve un emploi d’ouvrier dans une filature en région parisienne, tout en assistant à des cours du soir au CNAM pour améliorer sa formation. En 1943 il est envoyé par le S.T.O. en Allemagne, à Solingen, en Westphalie. Bénéficiant du statut de réfugié alsacien, il est à son retour recruté dans une usine de Clichy, dont le directeur est Jacques Rey, alors commissaire aux Eclaireurs Unionistes de France. Ce dernier l’envoie dans un centre accueillant des enfants, qui appartient à l’usine. C’est là qu’il va prendre goût à l’éducation des jeunes et rencontrer Elisabeth Fischer, assistante sociale, qu’il épouse en 1946. Ils auront trois enfants, dont deux suivront leurs traces, comme assistante sociale et directeur d’un IME.
    Après la libération, il revient à Paris et est engagé à l’École Théophile Roussel, à Montesson (Seine-et-Oise à l’époque) par son directeur, Jean Pinaud, pour s’occuper des enfants en dehors des heures de classe ou d’atelier. Il suit alors les conférences du Méridien, organisées par Henri Joubrel, et les cours de l’Ecole de Montesson, jusqu’à ce qu’il obtienne son diplôme d’éducateur spécialisé.
    Rentré en Alsace, il est d’abord responsable d’un centre d’observation ouvert par l’ARSEA à l’hôpital psychiatrique de Rouffach, où il sera le premier éducateur spécialisé. En le recommandant à l’ARSEA, Jean Pinaud écrit à son propos : « Henri Lehmann est un éducateur de grande classe… qui a fait un travail magnifique à l’école Théophile Roussel ».
    En 1947, il participe à la fondation de l’Association Nationale des Educateurs de Jeunes Inadaptés, car il est conscient que cette profession nouvelle doit être organisée. Il en sera délégué régional pour l’Alsace et, en tant que tel, il signe en 1956 avec l’ARSEA un accord régional de travail, qui précède de peu les Accords de travail ARSEA-ANEJI de 1958. Il a également été membre fondateur de l’Association Internationale des Educateurs de Jeunes Inadaptés, où sa connaissance de la langue allemande a été d’une grande utilité.
    En 1948, il devient directeur de l’Etablissement Oberlin, maison protestante d’éducation pour garçons, à La Broque, près de Schirmeck dans le Bas-Rhin. Il y restera vingt-quatre ans, avant de devenir jusqu’en 1977 directeur de l’oeuvre de Protection Infantile à Strasbourg, puis secrétaire général de la Fédération des OEuvres Evangéliques d’Alsace et de Moselle jusqu’en 1984, date de sa retraite. Parallèlement à ces fonctions professionnelles, il aura de nombreuses activités dans le secteur de l’éducation spécialisée : conseiller technique à l’ARSEA, participation à la sélection des élèves-éducateurs et aux jurys d’examen à l’école d’éducateurs spécialisés de Strasbourg, implication dans les stages de formation organisés par Henri Joubrel à Montry et Marly en région parisienne, assesseur au tribunal pour enfants, et bien d’autres… Convaincu de l’intérêt qu’a l’histoire pour la compréhension de l’époque présente, il est en 1994 le premier correspondant régional pour l’Alsace du tout jeune CNAHES, et il s’impliquera jusqu’à la fin de sa vie dans l’activité de sa délégation régionale.

    Texte : Chantal Duboscq, à partir de documents communiqués par la délégation régionale Alsace du CNAHES.
    Visuel : les "chefs" du Centre le Vieil Armand (photo Gaston Coeuignart).

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  • Paul Lelièvre

    1922 - 2007

    Né le 16 mai 1922 à Lorient dans le Morbihan, il fait partie du mouvement des éclaireurs de France. En 1939, il obtient un poste de manipulant auxiliaire des PTT, Recette principale de Quimper, où il travaille un an avant de faire un stage à l’École régionale de cadres de la jeunesse de la Haye en Mordelles en décembre 1940, qu’il enchaîne avec un autre stage au Centre de jeunesse de Val-Flory à Marly-le-Roi en janvier 1941. En février 1941, il est nommé chef d’équipes à Prat-Ar-Raz, près de Quimper destiné à devenir un centre de jeunesse mais fermé au bout de six mois.
    En août 1941, il devient éducateur-adjoint puis éducateur en 1942 aux fermes d’accueil du Hinglé puis au Centre d’éducation de Ker Goat. En octobre 1943, il fait partie de la première session de formation de l’École nationale de cadres rééducateurs de Montesson. En janvier 1944, à son retour, il est nommé directeur provisoire à Ker Goat en remplacement de Georges Bessis, avant d’être nommé officiellement directeur du Centre en août 1945, à la mort en déportation de ce dernier. Le 19 avril 1947, il se marie avec Jeanne-Marie Aussel (guide de France, diplôme d’assistante sociale à Lyon, diplôme d’éducateur spécialisé à l’institut psycho-pédagogique de Montpellier, assistante sociale au service social auprès du Tribunal de Lyon). Avec l’éducateur Jacques Dietz qui réussit à intéresser tout le centre de Ker Goat à la musique et au chant choral, il en fait l’activité de base du centre en 1946 et 1947. Les jeunes choristes se produisent en Bretagne, à Paris et en Suisse ce qui permet de récolter des fonds qui financent en partie l'achat de la propriété de Ker Goat. Le centre déménage dans le château de Pleurtuit en 1954 (4 puis 11 ha) et Paul Lelièvre y fait construire des pavillons où vivent les familles d’éducateurs (2) pour 20 jeunes avec création de classes (1 instituteur pour 20). Dans le même temps il participe activement aux activités de l’ANEJI (Association Nationales des Educateurs de Jeunes Inadaptés).
    Paul Lelièvre dirige le centre d’éducation Georges Bessis à Ker Goat jusqu'en 1963. C’est en effet cette année qu’il prend, avec Michel Lemay, la direction de la première école d'éducateurs et d’éducatrices spécialisés de Bretagne, rue Charles Le Goffic à Rennes. Il participe alors aux rencontres visant au rapprochement avec les autres écoles d’animateurs, assistantes sociales, conseillères en économie sociale et familiale. Ce projet aboutit à la création de l'APCS en 1968 qui réalise le regroupement physique des centres de formation sur un même site et aboutit à l'ouverture en 1976 de l’IFCS (Institut de Formations aux Carrières Sociales), futur IRTS Bretagne, dans la rue du Bois Labbé. Paul Lelièvre quitte la direction de l’école d’éducateurs en juillet 1976 pour prendre la direction de l'école de formation des éducateurs spécialisés et des moniteurs éducateurs, ainsi que la direction du CREAI de l’Ile de La Réunion. Il assure cette double fonction jusqu'en juillet 1979, date à laquelle il prend la direction du CREAI Bretagne jusqu'en juillet 1982. A ce poste il prépare, en application de directives gouvernementales, la dévolution des établissements gérés par le CREAI à une association fille : l’ARASS (Association pour la Réalisation d’Actions Sociales spécialisées) qui gère depuis 1985 tous les établissements du CREAI dont le Centre éducatif Georges Bessis - Ker Goat.
    Parti à la retraite le 31 juillet 1982, il continue à s’intéresser aux évolutions de la profession. Il fait notamment partie du groupe de fondateur du CNAHES (Conservatoire national des archives et de l’histoire de l’éducation spécialisée).

    Texte : Mathias Gardet
    Illustration : détail d'une photo de Ker Goat (C) Musée de Bretagne.
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  • Mère Marie Bernard (Suzanne Boos)

    1907 - 2007

    Suzanne Boos est née le 21 avril 1907 à Guéret. Après des études universitaires à la Faculté de lettres de l’Institut catholique de Paris et plusieurs années d’enseignement de 1931 à 1936, elle entre en religion en mars 1938 sous le nom de sœur Marie Bernard chez les sœurs de Marie-Joseph au Dorat (Haute-Vienne). Elle est affectée la même année pour sa première obédience à un Centre d’enseignement ménager pour jeunes filles à Beaugency où elle s’occupe particulièrement d’un groupe de Juvénistes (jeunes filles aspirantes à la vie religieuse). Son niveau universitaire ne la dispense pas de suivre des cours par correspondance de formation professionnelle afin d’acquérir le diplôme de professeur d’enseignement ménager familial.

    En 1943, elle entre à l’Institut de rééducation « Nazareth » de Montpellier. Elle se forme à ses nouvelles fonctions à l’Institut de psychopédagogie médico-sociale (IPPMS) de cette ville, rattaché à l’Université, dont elle obtient le diplôme d’éducatrice. Puis, en liaison avec le Pr Lafon, directeur de l’IPPMS, elle crée à la Libération le Centre d’observation « Les Oliviers », section féminine du centre polyvalent d’observation de Montpellier.

    Dix ans plus tard, en 1953, elle est nommée à Paris directrice de l’ Œuvre Sainte-Marguerite, une MECS (maison d’enfants à caractère social) située rue Claude-Lorrain, et responsable de la communauté religieuse. Pendant vingt ans, elle participe à l’évolution de ce type d’établissement et prend une part active à l’UNCAHS (Union nationale des congrégations d’action hospitalière et sociale, union des religieuses apostoliques du secteur médico-social transformée en 1973 en REPSA), donnant en France et en Belgique des conférences sur les nouvelles méthodes éducatives. Elle participe aussi à la formation des éducateurs spécialisés à l’EFPP de Paris rue Cassette et à l’IPPA de Créteil. En 1978, elle est nommée responsable à la communauté du Dépôt à la Préfecture de police et ce pendant 13 ans, tout en continuant d’assurer la fonction de Maîtresse des novices endossée en 1973.

    Reconnue pour son action éducative auprès des personnes en difficulté, elle aura été élue membre titulaire pour représenter les œuvres de bienfaisance et établissements privés au sein du Conseil supérieur de l’aide sociale. Elle reçoit aussi de nombreuses distinctions, notamment la croix de Chevalier de la Légion d'honneur. Son action et son influence dans le milieu congréganiste sont également importantes. En 1954, elle est élue membre du Conseil général de la Congrégation, puis assistante générale en 1969. Elle bénéficie d’une grande écoute à une époque où s’ouvre pour les congrégations un travail d’aggiornamento souhaité par le Concile Vatican II et, pour l’Institut Marie-Joseph, un travail de discernement concernant une éventuelle union avec la congrégation de la Miséricorde de Bordeaux qui se réalisera en 1971. En 1977, elle fonde avec quatre prêtres du diocèse de Paris, dont deux deviendront archevêques et cardinaux, l’association Herméneutique chrétienne de l’action (HCA). Elle acceptera d’être membre du bureau du BICE (Bureau international catholique de l’enfance).

    En 1991 commence la période de retraite à la communauté de Fresnes où elle partage la vie communautaire des sœurs infirmières à l’hôpital pénitentiaire. Puis elle devient membre en 1996 de la communauté du Dorat, dont elle reste pendant dix ans la personne ressource par sa grande expérience spirituelle et humaine. Elle y décède en 2007 dans sa centième année de vie et la 69e année de sa profession religieuse.

    Texte d'après une notice de soeur Anne Marie (Congrégation des Soeurs de Marie-Joseph et de la Miséricorde), 2012
    Illustration : archives de la congrégation
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  • Jacques Mazé

    1927 - 2010

    Issu d’une famille ouvrière, il fréquente le patronage de sa paroisse et la troupe scoute. Il entreprend à 13 ans, après son certificat d’études primaires, une formation en internat à l’Ecole pratique d’horlogerie d’Anet, près de Dreux. Il travaille dans la boutique d’horlogerie que son père tient à Paris tout en poursuivant son implication dans sa paroisse et auprès des jeunes. Il encadre des colonies de vacances et des camps. Il milite dans des mouvements catholiques : Vie Nouvelle et Economie et Humanisme. En 1947 il est en contact avec Marc Nivet et il assure un premier poste d’éducateur en internat à Lèves, près de Chartres. C’est en 1949 qu’il est admis à suivre la formation d’éducateur spécialisé à Montesson : septième promotion «Emmanuel Mounier», où il retrouve Yvette Pottier, André Gibelin, Jean Bégué, Claude Hornuss.
    En 1951, il quitte pour dix ans la rééducation et part à Nice, où il milite au sein de l’association Jeunesse Camping qui donnera naissance en 1959 à la Fédération nationale des clubs de loisirs et d’action de la jeunesse (CLAJ). Il est ouvrier dans différentes entreprises et travaille avec des prêtres ouvriers. Il approfondit son action militante et sa spiritualité.
    En 1962 il revient à la rééducation dans l’internat de Voglans (L’Etape) près de Chambéry. En 1964 il prend contact avec Henri Kegler et devient chef du service de prévention spécialisée à Caen. Il rejoint Grenoble en 1966 pour y développer la prévention spécialisée. En janvier 1973, dans le cadre de la Sauvegarde du Vaucluse, il organise un service de prévention spécialisée en direction des gens du voyage. Il est également directeur général de la Sauvegarde, d’abord à mi-temps, puis à plein temps. Il démissionne en 1982 et se retrouve dans une préretraite militante à partir de février 1983 : administrateur au Comité Dauphinois d’Action Socio-Educative (CODASE) (Grenoble), à Rues et Cités (Montreuil), membre du groupe de recherche des CLAJ. En 1993, il fonde le Conservatoire National des Archives et de l’Histoire de l’Education Spécialisée (CNAHES) avec quelques historiens et autres anciens du secteur.
     
    Texte : Mathias Gardet
    Source de l’image : photo d'identité (archives Jacques Mazé)
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  • Maurice Parienté

    1916 - 1991

    Maurice Parienté naît le 27 juillet 1916 à Sétif (Constantine) de Nessin Parienté et Bllara Hassoun. De son propre aveu, c’est en 1938 qu’il est mis en contact avec la psychiatrie, au cours de son internat dans le service du Pr Porot à la Clinique des Maladies Mentales de la Faculté d’Alger. Il choisit presque instantanément de pratiquer la psychiatrie plutôt que de la théoriser. La guerre met un terme momentané à ses études car il est appelé sous les drapeaux en 1939. Il s’y distingue d’ailleurs particulièrement jusqu’à sa démobilisation le 21 août 1945. Il reçoit la croix de guerre avec palmes, la croix de guerre avec étoile de bronze, la médaille militaire (des mains du Général de Gaulle) ainsi que la croix du combattant, à quoi il faut ajouter une citation à l’ordre du régiment.
     
    Il obtient son diplôme de médecine en 1947 après avoir soutenu sa thèse sur les troubles fonctionnels facio-baso-crâniens et encéphaliques à Alger sous la direction du docteur Aboulker. Il est également détenteur depuis 1946 du diplôme d’Hygiène et de Médecine coloniale de l’Université d’Alger. Après sa soutenance, il part compléter sa formation à Paris, notamment auprès du Dr Le Guillant avec lequel il entretiendra une longue amitié. Reçu au médicat des HP au concours de 1949 (retardé à 1950), il participe à la création du Centre de Traitement et de Réadaptation Sociale (CTRS) de Villejuif, une expérience qu’il qualifie lui-même d’« exceptionnelle », tout en suivant une formation à la psychanalyse. C’est à la suite de cela qu’il participe à la rédaction de l’Encyclopédie Médico-chirurgicale et plus spécialement au chapitre consacré aux troubles du comportement alimentaire, en collaboration avec le Dr Trillat.
     
    En 1953, il prend la direction médicale de l’Hôpital psychiatrique de Mayenne et agit largement pour la modernisation de cet établissement. Un exemple peut être tout particulièrement retenu : les Centres d’Entraînement aux Méthodes d’Education Active (CEMEA) y ont organisé pour la première fois un stage en hôpital psychiatrique destinés aux infirmiers en début de carrière. A la même époque, il est désigné par le ministère de la Santé pour participer au Cycle International d’Etudes de Belgrade en 1954 consacré à la Réadaptation des adultes physiquement diminués (organisé par l’ONU).
     
    En 1956, il quitte la Mayenne pour revenir au CTRS de Villejuif afin d’apporter sa collaboration à la réforme de la pratique psychiatrique sur la base du secteur, qui consiste à proposer une alternative à l’hôpital psychiatrique en multipliant les traitements à domicile… A Villejuif, cette initiative est également portée par la Société d’Hygiène mentale Entr’aide et Amitié à laquelle Maurice Parienté appartient. De nouveaux besoins en psychiatrie apparaissent : hôpitaux de jour et de nuit, foyers de transition…
     
    Le 1er janvier 1959, Maurice Parienté prend ses fonctions de médecin-chef de Fleury les Aubrais où il peut appliquer ses idées pratiques de réforme de la psychiatrie (désencombrement et ouverture des services…). Pour en assurer la cohésion, il crée la Société d’Aide à la Santé Mentale du Loiret insérée dans le cadre plus général de la Fédération Croix Marine.
     
    Reçu médecin-chef des hôpitaux psychiatriques de la Seine, il assume à partir de 1964 la fonction de directeur de service de l’Hôpital pour femmes de Ville Evrard puis à Maison Blanche en 1969 jusqu’à sa retraite en 1984, alors qu’il est atteint depuis plus de dix ans d’une maladie qui le laisse presque entièrement paralysé.
     
    Maurice Parienté décède en 1991. Sa postérité, outre les articles qu’il a rédigés et la trace qu’il a laissée dans la psychiatrie moderne, peut se mesurer dans l’attribution de son nom à deux centres de psychothérapie, l’un en région parisienne (92) sous la direction à l’époque du Dr Buin, son successeur à Maison Blanche et l’autre dans le Loiret où son souvenir est resté vivace (ainsi que ses méthodes comme en témoignent les activités thérapeutiques proposées aux malades.)
     
    Céline Robinson
    Master 1 histoire parcours  archives, Université d’Angers
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  • Marie-Thérèse Perrin

    1908 - 1989

    Marie-Thérèse Perrin naît en 1908 à Mamers (Sarthe). Fille unique, elle passe son enfance à Bellême (Sarthe) où son père est pharmacien. Celui-ci meurt en 1918 de la grippe espagnole. Marie-Thérèse a 10 ans.
    Elle poursuit ses études secondaires au Mans et ses études supérieures de philosophie à Angers puis à Paris. En 1934 elle commence une thèse de philosophie sur « La crise du modernisme dans l’Eglise ». Elle a le soutien des jésuites de la revue « Etudes ». Elle enseigne de 1936 à 1939 comme professeur de philosophie au lycée de La Baule. En 1940 elle fonde à Sceaux (92) le cours Blaise Pascal qui reçoit de la 6ème à la Terminale des jeunes filles en difficulté scolaire. Elle participe aux réunions de recherche de Gabriel Marcel, philosophe existentialiste chrétien, dont elle a été un temps secrétaire. Chez Marcel Légaut, mathématicien et philosophe, elle participe aux discussions sur Claudel, Bernanos, Teilhard de Chardin.
    En 1947 elle est chargée par l’Ecole de Formation Psycho-Pédagogique (EFPP- Université catholique de Paris) de la pédagogie des classes du Centre d’Observation de Chevilly-Larue où elle rencontre Monique Beauté-Néry, éducatrice.
    Sensibilisée à la situation des mineures mères célibataires elle demande à Jean Chazal, juge des enfants à Paris, d’effectuer un stage dans son cabinet : elle prend alors conscience du manque d’équipement pour accueillir ces jeunes mères avec leur enfant en évitant la séparation. Avec l’appui de Jean Chazal et de Marie Mauroux-Fonlupt, inspectrice de l’Education Surveillée, elle crée en 1950 l’Association pour la Rééducation des Mineures Filles Mères. Grâce à des fonds familiaux une maison est acquise à Puiseux-en-Bray (Oise) où Marie-Thérèse Perrin recevra des jeunes mères mineures et leurs enfants.
    Son projet est de faire vivre ces jeunes femmes et leurs enfants dans des petits groupes, de favoriser des contacts fraternels entre elles et les éducatrices, de les aider à créer des liens avec leurs familles, avec le milieu naturel, de développer la prise de conscience de leurs possibilités personnelles, de permettre l’accès à des loisirs afin de favoriser une intégration sociale. Au début le personnel formé est peu nombreux et l’encadrement est constitué de personnes de bonne volonté.
    En 1952 l’association change de raison sociale et devient Association pour l’Education des Jeunes Mères (AEJM). Un nouveau foyer est ouvert à La Queue-les-Yvelines (78). En 1954 le Foyer des Iris est transféré à Nonancourt (Eure). Les foyers « Les Quatre Vents » de Montreuil-sous-Bois (93) et Clairefontaine de Fontenay-aux-Roses (92) sont créés en 1955 et 1958. Enfin celui des « Longues Haies » à La Queue-les-Yvelines (78) voit le jour en 1964.
    Marie-Thérèse Perrin perçoit la nécessité du suivi indispensable pour ces jeunes mères avant ou après un séjour en foyer et met en place le service d’AEMO de Montrouge (92) en 1962.
    Soucieuse de la qualité de la prise en charge elle favorise la création de groupes de travail et de recherche. Elle introduit dans les différentes structures une possibilité de soutien psychologique ou psychothérapique. Elle s’implique dans d’autres associations comme l’Association Nationale d’Entraide Féminine où elle retrouve Monique Beauté-Néry et Françoise Astruc, ou encore l’Association Nationale de Réadaptation Sociale qui vient en aide à des jeunes femmes prostituées. Elle s’intéresse à la formation des professionnels et intervient à l’école de formation d’éducateurs de Buc.
    En 1972 Marie-Thérèse Perrin fait valoir ses droits à la retraite et quitte l’AEJM dont elle a été la fondatrice et la directrice générale. C’est Jean Bégué, Président de l’association, qui assurera en 1978 la fusion de l’AEJM avec l’Association Vers la Vie donnant ainsi naissance à l’Association Vers la Vie pour l’Education des Jeunes (AVVEJ).
    Marie-Thérèse Perrin permettra à cette nouvelle association de se rendre propriétaire des locaux de Montrouge qui lui appartenaient. Elle se retire à Mamers pour poursuivre ses travaux philosophiques et meurt le 12 mai 1989.
     
    Texte : Roger Bello
    Visuel : en recherche
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  • Vincent Peyre

    19 - 2014

    "Fils d’enseignant, Vincent Peyre a une formation de conseiller d’orientation professionnel. Métier qu’il exerce un temps à Nancy avant d’y renoncer : l’éloignement notamment se concilie mal à une vie familiale. S’ensuit une série de “petits boulots formateurs” : un poste de six mois à la Mission française pour l’accroissement de la productivité, une fonction dans l’enseignement par correspondance, et tout particuliè-rement un poste, trois ans durant, au service du personnel d’un groupe industriel (Palmolive), où il a en charge le recrutement des ouvriers.
    "Ainsi lorsqu’en janvier 1960 le Centre de Vaucresson le recrute comme agent technique, il est loin d’être sociologue professionnel. Reste qu’il affiche un vif intérêt pour les problèmes sociaux, et qu’il coudoie la discipline sociologique : par l’intermé-diaire de sa femme de l’époque (sociologue) et par la fréquentation du séminaire de Chombart de Lauwe à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes.
    "C’est de cette manière, “par circonstances” dit-il, qu’il apprend son métier de sociologue : les manières de faire, les techniques, les méthodes, les choix personnels et une indispensable “sensibilité aux autres”. Il effectue ainsi des travaux de commande sous la direction d’abord de Jacques Selosse, et participe à la formation continu des travailleurs de l’Education Surveillée. Le Centre de Vaucresson lui offre un précieux sentiment de liberté et toute l’aise nécessaire à son militantisme politique et syndical.
    Ces années à Vaucresson sont ainsi, à l’en croire, “une aventure professionnelle, sociale et personnelle”. Aujourd’hui, il mène encore quelques petites enquêtes, et intervient dans la formation d’éducateur."
     
    Christophe Granger, juin 1999 
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