conservatoire national des archives et de l'histoire de l'éducation spécialisée et de l'action sociale

Trombinoscope ( B )


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  • Paul Bertrand

    1920 - 2011

    Né en 1920, Paul Bertrand s'engage dans l'éducation spécialisée à l'âge de 24 ans, après avoir envisagé un temps d'entrer dans les ordres. Il fait alors la rencontre déterminante de Joseph Beaune, le sous-directeur du Patronage de l'enfance et de l'adolescence à Paris rue de Vaugirard, dit "Patronage Rollet", un établissement destiné à recevoir de jeunes délinquants et en danger moral confiés par les tribunaux, l'Assistance Publique ou encore par les familles elles-mêmes. Recruté au mois de décembre, Paul Bertrand y travaille comme éducateur pendant un an à la tête d'un groupe de dix enfants âgés de 16 à 18 ans, le groupe Mermoz. En novembre 1945 il devient chef de service éducatif, avant de partir en février 1946 à Marcilhac dans le Lot diriger quelque mois un foyer familial de la même association. En décembre 1946, il devient le directeur du patronage Rollet, succédant ainsi à Bernard Durey-Sohy et se chargeant de fermer l'établissement en grandes difficultés financières.
    Le 2 mai 1948, il ouvre le centre d'accueil « Lota » à Ustaritz sous l'égide de la Sauvegarde de l'enfance du Pays-basque (SEPB). Il reste directeur de ce centre jusqu'en octobre 1964. Puis il poursuit sa carrière professionnelle comme directeur général de la SEPB jusqu'en juillet 1980, moment où il prend sa retraite. Durant tout ce temps, il participe à des rassemblements associatifs et scientifiques à tous les échelons, du régional à l'international : UNAR, ANEJI, Ecole des Parents, Congrès nationaux et internationaux de criminologie...
    Après 1980, il entreprend de rédiger une biographie du juge Henri Rollet (Monsieur Rollet : le dernier des philanthropes, publié par le CTNERHI en 1986), ainsi qu'à écrire ses propres mémoires (Itinéraire d'un éducateur de la première génération, paru aux éditions Erès en 1995). Il continue également à contribuer à la vie associative du secteur, à participer et intervenir à des congrès et conférences. Paul Bertrand décède le 12 juin 2011 à l'âge de 91 ans.
     
    Texte : d'après une notice de Bérangère Hertzler, archiviste en formation (Université d'Angers).
    Photo : Paul Bertrand, rapporteur au 14e Congrès de l'UNAR (Union nationale des associations régionales de sauvegarde de l'enfance et de l'adolescence) à Lyon en 1962 (fonds Paul Bertrand).
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  • Pierre Bianquis

    1893 - 1977

    Médecin d’origine cévenole, Pierre Bianquis s’inscrit dans la mouvance du protestantisme social. Engagé volontaire durant la première guerre mondiale dont il revient gravement blessé, il soutient en 1922 sa thèse sur un mode de traitement de la syphilis et commence sa carrière administrative comme inspecteur d’Hygiène. Directeur régional de la Santé et de l’Assistance à Rennes pendant la Seconde guerre mondiale, il crée sous le nom de Fédération bretonne de sauvegarde de l’enfance et de l’adolescence, une des premières ARSEA (Associations régionales de sauvegarde de l’enfance et de l’adolescence) où se retrouvent magistrats spécialisés, éducateurs, médecins et assistantes sociales. Il s’engage parallèlement dans la Résistance, ce qui lui vaudra une huitième citation à la Libération.
    Après 1945, il quitte son poste en Bretagne et est envoyé en tant que médecin militaire d’un camp près de Hambourg. Réhabilité, il est nommé inspecteur divisionnaire de la Santé et directeur départemental de la Santé de la Seine inférieure. Il prend la présidence de l’ARSEA de Rouen constituée en janvier 1947 et est élu la même année maire de la commune de Banville dans le Calvados. En 1963, il crée près de Caen, au Mesnil de Louvigny, l’Institut Henri-Wallon, centre de formation d’éducateurs spécialisés qui sera transféré à Canteleu en 1968. Au niveau national, il occupe l’une des vice-présidences de l’UNAR (Union nationale des ARSEA) puis du CTNEAI (Centre technique national pour l’enfance et l’adolescence inadaptées). Nommé inspecteur général de la Santé, il exerce dans les années 1950 les fonctions de conseiller technique auprès du Pr Aujaleu, directeur général à la Santé.
    Il se consacre à de nombreuses associations, notamment l’Association nationale de réadaptation sociale impulsée par le ministère de la Santé pour la prévention de la prostitution chez les jeunes. A Montrouge, il joue un grand rôle dans la transformation en 1960 de l’ancienne école d’infirmières laïques en Institut de service social. Il en prend la présidence à partir de 1956 jusqu’à sa mort 25 ans plus tard. Il dirige également le bureau municipal d’hygiène de Montrouge.
    Pierre Bianquis est décoré de la croix de commandeur de la Légion d’honneur.
     
    Texte : Sylvain Cid
    Illustration : Emmanuel Rain, In memoriam. Dr Pierre Bianquis. Président du Conseil de Fondation (1893-1981), allocution prononcée lors de la séance du Conseil de Fondation de l’ITSRS de Montrouge du 10 décembre 1981, Montrouge, 1981, [12 p.].
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  • Jean Blocquaux

    1939 - 2016

    Jean Blocquaux est né le 16 décembre 1939 à Novion-Porcien (Ardennes) dans une famille nombreuse (six enfants). Il fait ses études d’éducateur spécialisé à l’Ecole de Formation Psycho Pédagogique (EFPP) à Paris au début des années 1960. Intéressé par les adolescents il travaille dans un centre d’observation au Perray-en-Yvelines puis rejoint en 1967 le Père Michel Jaouen qui a ouvert à Paris le foyer des Epinettes afin d’accueillir des jeunes sortant de prison. Il occupe ensuite un poste d’éducateur dans un foyer d’adolescents à Saint Germain en Laye puis au Home de Fontenay-sous-Bois.
    C’est en 1975 qu’il prend contact avec l’association « Vers la Vie » dirigée par Jean-Claude Ferrand. Il devient alors le promoteur, avec son épouse Monique, du concept de service d’accueil d’urgence afin d’éviter à de nombreux jeunes en détresse le passage par la case prison : accueillir le jeune dans le bureau du juge, rétablir des liens avec la famille si possible et l’orienter. Il est soutenu par l’association et par les magistrats de la jeunesse alors en poste à Versailles (Jean-Pierre Rosenczveig, Alain Bruel, Martine Sem). Ce service ouvrira d’abord à son domicile, dans sa propre famille, puis dans les locaux de l’Oustal (ex Refuge) à Versailles et finalement à Bois-d’Arcy dans une structure enfin adaptée.
    Lors d’une visite de ce service d’accueil d’urgence en 1983, Madame Georgina Dufoix, Secrétaire d’Etat à la Famille, découvrant le rôle essentiel joué par un tel service, demande à Jean Blocquaux de rejoindre son cabinet comme conseiller technique à temps partiel puis à plein temps en 1984 lorsqu’elle sera ministre des Affaires Sociales.
    Les compétences éducatives de Jean Blocquaux s’avèrent particulièrement utiles lors de la Marche pour l’égalité et contre le racisme (Marche des Beurs, de Marseille à Paris du 15 octobre au 3 décembre 1983) : sa présence discrète permet d’éviter les dérives, une délégation de jeunes sera reçue à l’Elysée et la carte de séjour de 10 ans sera créée.
    Ces mêmes compétences permettront de faire évoluer le dispositif « Plan anti été chaud » de 1982 en un dispositif beaucoup plus efficace en demandant à l’Association Vers la Vie pour l’Education des Jeunes (AVVEJ) d’en assurer la gestion afin d’accélérer le financement des projets concernant les jeunes.
    Jean Blocquaux sera un acteur important pour la création du Revenu Minimum d’Insertion en 1988. En contact avec l’Abbé Pierre et avec Coluche il les appuiera dans leurs actions en faveur des plus pauvres.
    De 1988 à 1990 il est le Directeur de Cabinet de Madame Hélène Dorlhac, secrétaire d’Etat à la Famille, et contribue à la première loi sur la prévention des mauvais traitements à l’égard des mineurs (119 Allo Enfance Maltraitée) et à la rédaction de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE).
    Un décret du 7 novembre 1990 le nomme Inspecteur Général des Affaires Sociales (IGAS). Il sera alors chargé des rapports et inspections sur la protection de l’enfance. Dans ce cadre il effectuera des missions en Roumanie et au Vietnam où, à la demande du gouvernement, il mettra en place une formation d’intervenants sociaux.
    Jean Blocquaux nous a quittés le 25 août 2016. Homme généreux, chaleureux, inventif, il a su contourner des règles rigides au bénéfice des plus faibles et des plus défavorisés : un éducateur dans les sphères gouvernementales ça bouscule !
    Roger Bello
     
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  • Isabelle Bogelot

    1838 - 1923

    Née à Paris en 1838 de parents originaires du Pas-de-Calais et orpheline dès l'âge de 4 ans, Isabelle Cottiaux est élevée dans la famille de la féministe et femme de lettres Maria Deraismes (1828-1894). Elle épouse en 1864 l’avocat parisien Gustave Bogelot (1837-1902), avec lequel elle partagera étroitement un fort engagement philanthropique. Dès après la guerre de 1870, elle s’intéresse aux sociétés de secours aux blessés militaires et obtient, avec le diplôme d’ambulancière, un second prix décerné à la suite de son service à l’hôpital Beaujon. En 1872, elle devient la collaboratrice de la fondatrice-directrice de l’Œuvre des libérées de Saint-Lazare, Pauline de Grandpré, à la tête de cette association créée deux ans plus tôt pour venir en aide aux femmes libérées de prison et qui reçoit également des condamnées à de petites peines confiées par les juges d'instruction. En 1883, elle accède au poste de directrice-adjointe auprès de Caroline de Barrau, avant de devenir la directrice générale de l’œuvre en 1887 jusqu'en 1905. L’Asile temporaire de Billancourt de cette société, destiné à recevoir des femmes libérées ou condamnées à des peines sans gravité ainsi que les enfants des prévenues, est créé sur son initiative en 1883. Dans le même temps militante féministe, Isabelle Bogelot se rend à de nombreux congrès internationaux, "pénitentiaires" ou "féminins", notamment à deux reprises aux Etats-Unis pour assister aux Congrès internationaux féminins de Washington et de Chicago. 
    En 1889, elle organise avec Emilie de Morsier et dans le cadre de l'Exposition universelle de Paris le premier congrès des oeuvres et institutions féminines. Cette manifestation donne lieu à la mise en place de conférences internationales et annuelles à Versailles, dont le compte rendu est publié dans la revue La Femme. Elle est l'une des principales artisanes de la création en 1901 du Conseil national des femmes françaises (CNFF) dont elle devient la présidente d'honneur, au côté de la présidente Sarah Monod. 
    Elle cumule les distinctions de présidente d’honneur de l’Union des femmes de France (UFF, une des sociétés du mouvement « Croix-Rouge ») à Boulogne-sur-Seine, de présidente d’honneur de l’Adelphie (société féminine d’entraide créée en 1893). En 1906, elle est la première femme nommée au Conseil Supérieur de l'Assistance et de l'Hygiène Publique. Elle décède à Boulogne-Billancourt en 1923.
     
    Texte : Sylvain Cid
    Illustration : Angelo Mariani dans Figures contemporaines, tirées de l’album Mariani, 1894-1925.
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