conservatoire national des archives et de l'histoire de l'éducation spécialisée et de l'action sociale

Trombinoscope ( J )


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  • Henri Joubrel

    1914 - 1984

    Henri Joubrel est né à Vannes. En 1925, il entre dans le scoutisme, aux Éclaireurs de France. Élu premier secrétaire de la Conférence du stage des avocats, à la cour d’appel de Rennes (1934), il plaide des affaires de mineurs. En 1939, il est reçu docteur en droit, ainsi qu’à l’examen d’entrée dans la magistrature. Il sera magistrat jusqu’au 31 décembre 1941. À cette date, il abandonne volontairement ses fonctions. S’ouvre alors pour lui ce que l’on peut appeler une carrière sociale. Il s’intéresse notamment à l’expérience bretonne du centre de rééducation de Ker Goat, créé en 1940, et tenu par de jeunes chefs scouts, près de Dinan (Côtes-du-Nord) dont il tirera un ouvrage best-seller intitulé Ker-Goat où le salut des enfants perdus. En 1945, il réussi à se faire nommer commissaire national des Éclaireurs de France pour la sauvegarde de l’Enfance. Quinze années de suite (1945-1959), il va organiser à Paris le cycle des conférences du “Méridien”. Il réalise également annuellement, à partir de 1945, un stage national de perfectionnement destiné aux éducateurs spécialisés, mais aussi aux autres professions du social. C’est à l’occasion d’un de ces stages qu’est créée, sous son impulsion, l’Association nationale des éducateurs de jeunes inadaptés (ANEJI), dont il sera le délégué général jusqu’en 1961. La dimension internationale de son action commence en 1948, avec une rencontre franco-allemande sur « les problèmes de l’éducation des jeunes inadaptés ». Ces rencontres en Allemagne, élargies les années suivantes donnent naissance, en 1951, à l’Association internationale des éducateurs de jeunes inadaptés (AIEJI) dont il sera le président de novembre 1955 à avril 1978. Mais son principal cheval bataille reste sa plume prolifique, qu’il exerce dans les journaux et périodiques de tous bords (L’Illustration, Informations sociales, Journal des Éclaireurs, L’Action laïque, Liaisons, Ouest-France, Rééducation, Sauvegarde, Tribune de l’Enfance…). Il participe par ailleurs à de très nombreuses émissions à la radio et la télévision, véritable chantre de la défense des « jeunes en danger moral ». Il meurt le 27 avril 1983 à Saint-Malo.

    Illustration : AIEJI, Henri Joubrel 1914-1983, témoin et acteur de l'évolution de l'action éducative et sociale, [s.l.n.d], 1985.
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  • Etienne Jovignot

    1924 - 2011

    Etienne Jovignot est né à Grenoble le 30 janvier 1924. En 1942, il obtient à Dijon le baccalauréat de lettres (latin, grec, allemand, philosophie) et le deuxième prix au concours général de philosophie des lycées de France. Il suit donc de 1942 à 1944 une formation de philosophie et de théologie au séminaire de Dijon. Le 18 septembre 1944, il s’engage dans la première division française libre (DFL) et participe aux campagnes de Belfort, d’Alsace et de l’Authion pour lesquelles il se voit décerner la croix de Guerre avec médaille de bronze. De 1945 à 1946, il suit la formation d’officier du service de santé, au Val de Grâce, à Paris.En octobre 1946, il entre à la faculté des lettres de Dijon avant d'obtenir, en 1948, les quatre certificats de licence : psychologie, morale et sociologie, philosophie générale et histoire de la philosophie. Au cours de l’année 1949, il est reçu au certificat d’études littéraires classiques (français-latin). Il passe en 1950 le CAPES de philosophie sans succès. Il est toutefois nommé en octobre adjoint d’enseignement stagiaire au lycée Carnot à Dijon. Il y enseigne aux élèves de sciences expérimentales et de mathématiques élémentaires et est titularisé adjoint d’enseignement. Tout en enseignant, il a obtient en 1952 le certificat de géographie physique à la faculté des sciences de Dijon, celui-ci étant alors nécessaire pour pouvoir se présenter à l’agrégation de philosophie. En 1953, il obtient le diplôme d’études supérieures de philosophie (DEES) en présentant « Les origines de la philosophie morale chez Malebranche » (mention bien).
     
    Parallèlement à son activité d’enseignement, Etienne Jovignot anime la jeune compagnie dijonnaise de théâtre amateur « Les Baladins ». De 1946 à 1954, cette troupe présente dans toute la région bourguignonne de nombreux spectacles montés dans l’esprit de Jacques Copeau et Léon Chancerel (elle a obtenu notamment en 1952 un prix au concours des jeunes compagnies). Les Baladins comptent plusieurs éducateurs spécialisés, parmi lesquels, Pierre Alloing, directeur du Centre d’observation de Chenôve. Ils collaborent également avec « La Cigale », chorale animée par Pierre Lalire, lui-même directeur du Centre de rééducation de Montigny-sur-Vingeanne. Ces éducateurs font découvrir à Etienne Jovignot l’intérêt de leur profession, notamment à l’occasion de spectacles présentés dans leurs établissements éducatifs.

    A la fin de l’année 1953, Etienne Jovignot est sollicité pour succéder à Pierre Alloing à la direction du Centre d’observation de Chenôve. Détaché de l’Education nationale, du 1er janvier 1954 au 30 juin 1962, Etienne Jovignot dirige ce centre pour mineurs de justice et pupilles difficiles, géré par l’Association régionale de sauvegarde de l’enfance et de l’adolescence de Bourgogne (ARSEA). Chenôve est alors le premier centre d’observation en milieu ouvert (OMO) de garçons et de filles créé en France dans le secteur privé. Ce centre dispose d’un internat pour 60 garçons âgés de 9 à 21 ans. Etienne Jovignot y développe les services d’observation en milieu ouvert en l’ouvrant aux filles en 1955 et en créant en 1959 une consultation d’orientation éducative (COE) au service des tribunaux pour enfants et des directions départementales des affaires sanitaires et sociales de la région. Il reçoit également de nombreux stagiaires des écoles d’éducateurs pour des formations pratiques.
    A partir de 1959, Etienne Jovignot est chargé de cours sur les inadaptations juvéniles à la faculté de lettres et des sciences humaines de Dijon auprès des étudiants en psychologie puis en sciences de l’éducation.

    En 1962, l’ARSEA lui demande de créer à Dijon une école d’éducateurs spécialisés. Il quitte donc le Centre d’observation de Chenôve le 1er juillet 1962 pour prendre la direction de l’Institut de formation d’éducateurs spécialisés (IFES) dont il a négocié avec le Rectorat le programme et l’organisation ainsi que la mise en place du diplôme d’éducateur spécialisé de l’Université de Dijon.

    De 1963 à 1966, Etienne Jovignot est également secrétaire de la commission de formation de l’Association nationale des éducateurs spécialisés (ANEJI), puis de 1966 à 1974 et de 1976 à 1984, secrétaire général du Comité d’entente des écoles et centres de formation d’éducateurs spécialisés. Dans ce cadre associatif professionnel, il participe à la préparation ainsi qu’à la négociation avec les pouvoirs publics des textes créant les diplômes officiels et organisant la formation aux différentes fonctions éducatives. Il fait partie du groupe des directeurs d’écoles d’éducateurs spécialisés qui ont obtenu, tout d’abord, le 22 février 1967, la création du diplôme d’Etat, puis, en 1976, du certificat d’aptitude aux fonctions d’éducateur technique spécialisé (CAFETS). En 1984, il participe également à la mise en place du diplôme supérieur en travail social (DSTS). Le 30 janvier 1984, nouvellement retraité, Etienne Jovignot laisse la direction de l’IFES. La croix du Mérite national lui est décernée par le ministère de la Santé en juin de cette même année.

    De 1984 à 1990, il assure la présidence de l’association l’Arche à Dijon, dépendante de l’Arche créée par Jean Vanier, au bénéfice d’adultes handicapés, notamment au plan mental. En 1984, il est aussi sollicité par l’évêché de Dijon pour participer aux travaux de la Commission diocésaine d’art sacré, dont il assurera le secrétariat général entre 1989 et 2000.
     
    Texte : Archives départementales de la Côte d'Or
    Illustration :  site du journal Le Bien public (http://www.bienpublic.com/cote-d-or/2011/09/23/etienne-jovignot)
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