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conservatoire national des archives et de l'histoire de l'éducation spécialisée et de l'action sociale

Maurice Parienté (1916 – 1991)

Maurice Parienté naît le 27 juillet 1916 à Sétif (Constantine) de Nessin Parienté et Bllara Hassoun. De son propre aveu, c’est en 1938 qu’il est mis en contact avec la psychiatrie, au cours de son internat dans le service du Pr Porot à la Clinique des Maladies Mentales de la Faculté d’Alger. Il choisit presque instantanément de pratiquer la psychiatrie plutôt que de la théoriser. La guerre met un terme momentané à ses études car il est appelé sous les drapeaux en 1939. Il s’y distingue d’ailleurs particulièrement jusqu’à sa démobilisation le 21 août 1945. Il reçoit la croix de guerre avec palmes, la croix de guerre avec étoile de bronze, la médaille militaire (des mains du Général de Gaulle) ainsi que la croix du combattant, à quoi il faut ajouter une citation à l’ordre du régiment.

Il obtient son diplôme de médecine en 1947 après avoir soutenu sa thèse sur les troubles fonctionnels facio-baso-crâniens et encéphaliques à Alger sous la direction du docteur Aboulker. Il est également détenteur depuis 1946 du diplôme d’Hygiène et de Médecine coloniale de l’Université d’Alger. Après sa soutenance, il part compléter sa formation à Paris, notamment auprès du Dr Le Guillant avec lequel il entretiendra une longue amitié. Reçu au médicat des HP au concours de 1949 (retardé à 1950), il participe à la création du Centre de Traitement et de Réadaptation Sociale (CTRS) de Villejuif, une expérience qu’il qualifie lui-même d’« exceptionnelle », tout en suivant une formation à la psychanalyse. C’est à la suite de cela qu’il participe à la rédaction de l’Encyclopédie Médico-chirurgicale et plus spécialement au chapitre consacré aux troubles du comportement alimentaire, en collaboration avec le Dr Trillat.

En 1953, il prend la direction médicale de l’Hôpital psychiatrique de Mayenne et agit largement pour la modernisation de cet établissement. Un exemple peut être tout particulièrement retenu : les Centres d’Entraînement aux Méthodes d’Éducation Active (CEMEA) y ont organisé pour la première fois un stage en hôpital psychiatrique destinés aux infirmiers en début de carrière. À la même époque, il est désigné par le ministère de la Santé pour participer au Cycle International d’Études de Belgrade en 1954 consacré à la Réadaptation des adultes physiquement diminués (organisé par l’ONU).

En 1956, il quitte la Mayenne pour revenir au CTRS de Villejuif afin d’apporter sa collaboration à la réforme de la pratique psychiatrique sur la base du secteur, qui consiste à proposer une alternative à l’hôpital psychiatrique en multipliant les traitements à domicile… À Villejuif, cette initiative est également portée par la Société d’Hygiène mentale Entr’aide et Amitié à laquelle Maurice Parienté appartient. De nouveaux besoins en psychiatrie apparaissent : hôpitaux de jour et de nuit, foyers de transition…

Le 1er janvier 1959, Maurice Parienté prend ses fonctions de médecin-chef de Fleury-les-Aubrais où il peut appliquer ses idées pratiques de réforme de la psychiatrie (désencombrement et ouverture des services…). Pour en assurer la cohésion, il crée la Société d’Aide à la Santé Mentale du Loiret insérée dans le cadre plus général de la Fédération Croix Marine.

Reçu médecin-chef des hôpitaux psychiatriques de la Seine, il assume à partir de 1964 la fonction de directeur de service de l’Hôpital pour femmes de Ville-Évrard puis à Maison Blanche en 1969 jusqu’à sa retraite en 1984, alors qu’il est atteint depuis plus de dix ans d’une maladie qui le laisse presque entièrement paralysé.

Maurice Parienté décède en 1991. Sa postérité, outre les articles qu’il a rédigés et la trace qu’il a laissée dans la psychiatrie moderne, peut se mesurer dans l’attribution de son nom à deux centres de psychothérapie, l’un en région parisienne (92) sous la direction à l’époque du Dr Buin, son successeur à Maison Blanche et l’autre dans le Loiret où son souvenir est resté vivace (ainsi que ses méthodes comme en témoignent les activités thérapeutiques proposées aux malades.)

Céline Robinson.
Master 1 histoire parcours archives, Université d’Angers.