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conservatoire national des archives et de l'histoire de l'éducation spécialisée et de l'action sociale

En relation directe avec l’exposition, deux tables rondes seront organisées autour des thématiques suivantes :

« Qu’est-ce que l’histoire sourde ? » le samedi 14 septembre, à 15h : une table ronde pour suivre la définition de l’histoire sourde en lien avec l’histoire de la surdité.
« L’historiographie sourde » le mardi 17 septembre, à 19h (réservation obligatoire) : une table ronde de réflexion et de débats autour de la recherche historique sur les sourds.

Extrait du discours d’inauguration de Yann Cantin, maître de conférence à l’université Paris 8, Docteur en Histoire (EHESS), spécialiste de l’histoire des sourds et du noétomalalien de France, commissaire de l’exposition :

Contrairement à ce que l’on croit, l’idée du progrès est pour les Sourds une régression, de déni de leurs droits les plus élémentaires, ce dans une période où les progrès scientifiques les plus étonnants ont eu lieu : le XXe siècle. L’histoire sourde n’a pas été une histoire continue de progrès, mais une longue suite de combats, de défaites, d’avancées et de reculades. Ce qui est paradoxal, c’est que les progrès technologiques après les deux guerres mondiales ont été de profonds entraves pour les Sourds dans leur inclusion sociale et professionnelle. Au nom de leur protection, on décide ainsi de ce qu’ils pourront ou pas.

Et pourtant, les Sourds se sont attachés viscéralement à leur langue, car c’est ce qui leur définit. Pas la surdité en elle-même qui est insuffisante comme définition. Mais, bel et bien la langue des signes qui a construit leur identité et qui leur a permis d’entrer de plein pied dans la société française et de contribuer aux grands progrès de l’Humanité. Cette langue des signes, née à Paris, au cours du Moyen Âge, comme le Français est au centre de tous les combats des Sourds depuis trois siècles. La LSF et le français se sont côtoyées, se sont développées sans se connaître, et ce, dans la même région. La langue des signes est une langue de France, de Paris, et née au sein d’une communauté silencieuse.

Présentation de l’exposition par Yann Cantin :

 

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