conservatoire national des archives et de l'histoire de l'éducation spécialisée et de l'action sociale

Trombinoscope


Page : 1 2 3 4  >> | Afficher

  • Robert Ardouvin

    1928 - 1997

    A 17 ans, Robert Ardouvin s’engage sous un faux nom dans la Légion étrangère. Parti dans le sud algérien, il revient six mois plus tard après avoir révélé son âge véritable. À son retour, il encadre des jeunes en libération conditionnelle dans des chantiers de déforestation dans les Vosges. Mais à cause des conditions d’exploitation de cette main-d’oeuvre en rupture de ban par les scieries pour lesquelles ils travaillent, il décide de partir s’occuper de garçons plus jeunes. En 1946, répétiteur dans une école et vendeur de journaux à Montmartre, il fonde une association de prévention pour les enfants de Montreuil, « Les amis des enfants de Paris », puis il ouvre une première maison au 150 avenue du Président Wilson en mai 1947. D’après le jeune éducateur Jacques Mazé qui le rencontre à ce moment-là, il se déclare, comme Fernand Deligny, foncièrement opposé à la formation des éducateurs dans les écoles de cadres. Tous deux, selon le même témoignage, chahutent la fin de la session 1948-1949 du centre de formation de Montesson.

    C’est durant l’été 1948, au cours d’une colonie de vacances près des ruines du village de Vercheny-le-Haut dans la Drôme, village victime de représailles nazies, que Robert Ardouvin s’engoue pour son nouveau projet d’installation. Il parvient à acheter les ruines et les terres alentour, entreprend de reconstruire avec les jeunes les maisons du village pour y fonder une première communauté en octobre 1948. De 1954 à 1968, il donne corps à son projet pédagogique en construisant quatre maisons doubles où il installe huit ménages d’éducateurs, baptisés maîtres et maîtresses de maison. Ces derniers sont chargés d’y prendre en charge chacun une douzaine de jeunes rencontrant des difficultés sociales et familiales, tout en y élevant leurs propres enfants. Une école est aussi bâtie, qui bénéficiera d’un instituteur détaché de l’Education nationale. Pour parachever l’ensemble, il fait enfin appel à un disciple de Le Corbusier, le Suisse Hans von Moos, pour construire l’espace commun entre l’ancien village et les nouvelles maisons selon une architecture avant-gardiste pour l’époque, faite de béton et de baies vitrées.

    C’est en songeant à diffuser son modèle qu’il crée une école de moniteurs-éducateurs, l’UPASEC, dans la plaine en 1967. Cette école fonctionnera jusqu’à la mort de Robert Ardouvin en 1997 et formera ainsi 400 éducateurs en 30 ans. Elle restera un expérience unique en son genre.
     
    Texte : Sylvain Cid
     
    Source de l'image : fonds Jean Ughetto
    Lire la suite
  • Roland Assathiany

    1910 - 2008

    Roland Assathiany est né le 2 septembre 1910 à Genève (Suisse). Il obtient une licence de droit à Paris en 1932. Longtemps très actif dans le scoutisme unioniste (protestant), il est aussi proche du mouvement quaker et du CLAJ, mouvement laïque des auberges de jeunesse. Il est, entre 1929 et 1950, responsable du cercle international de la jeunesse pour laccueil détudiants étrangers. Entre 1932 et 1935, il fait fonction dassistant de service social près du Tribunal pour enfants de la Seine, rue du Pot de Fer, future association Olga Spitzer. Fin 1943, il commence à travailler au commissariat général à la Famille et est nommé à Lille en tant que délégué régional adjoint. En 1945 il est nommé à Paris comme inspecteur à la Population. En 1946-1947, il assure la direction du Chalet international des étudiants de Combloux, destiné aux étudiants victimes de la guerre. En 1947, retour à ladministration de la Santé Publique quil ne quittera plus jusquà sa retraite en 1976. Il sera assez rapidement nommé directeur adjoint des Affaires sanitaires et sociales, puis finalement directeur en 1975. Il est difficile de dénombrer les associations, écoles ou instituts, existants ou disparus du secteur social dont il fut administrateur ou président.
     
    Source : portail Enfants en justice (www.enfantsenjustice.fr), rubrique « Trombinoscope ».
    Voir aussi : le répertoire de son fonds darchives (avec quelques témoignages en introduction).
    Lire la suite
  • Paul Bertrand

    1920 - 2011

    Né en 1920, Paul Bertrand s'engage dans l'éducation spécialisée à l'âge de 24 ans, après avoir envisagé un temps d'entrer dans les ordres. Il fait alors la rencontre déterminante de Joseph Beaune, le sous-directeur du Patronage de l'enfance et de l'adolescence à Paris rue de Vaugirard, dit "Patronage Rollet", un établissement destiné à recevoir de jeunes délinquants et en danger moral confiés par les tribunaux, l'Assistance Publique ou encore par les familles elles-mêmes. Recruté au mois de décembre, Paul Bertrand y travaille comme éducateur pendant un an à la tête d'un groupe de dix enfants âgés de 16 à 18 ans, le groupe Mermoz. En novembre 1945 il devient chef de service éducatif, avant de partir en février 1946 à Marcilhac dans le Lot diriger quelque mois un foyer familial de la même association. En décembre 1946, il devient le directeur du patronage Rollet, succédant ainsi à Bernard Durey-Sohy et se chargeant de fermer l'établissement en grandes difficultés financières.
    Le 2 mai 1948, il ouvre le centre d'accueil « Lota » à Ustaritz sous l'égide de la Sauvegarde de l'enfance du Pays-basque (SEPB). Il reste directeur de ce centre jusqu'en octobre 1964. Puis il poursuit sa carrière professionnelle comme directeur général de la SEPB jusqu'en juillet 1980, moment où il prend sa retraite. Durant tout ce temps, il participe à des rassemblements associatifs et scientifiques à tous les échelons, du régional à l'international : UNAR, ANEJI, Ecole des Parents, Congrès nationaux et internationaux de criminologie...
    Après 1980, il entreprend de rédiger une biographie du juge Henri Rollet (Monsieur Rollet : le dernier des philanthropes, publié par le CTNERHI en 1986), ainsi qu'à écrire ses propres mémoires (Itinéraire d'un éducateur de la première génération, paru aux éditions Erès en 1995). Il continue également à contribuer à la vie associative du secteur, à participer et intervenir à des congrès et conférences. Paul Bertrand décède le 12 juin 2011 à l'âge de 91 ans.
     
    Texte : d'après une notice de Bérangère Hertzler, archiviste en formation (Université d'Angers).
    Photo : Paul Bertrand, rapporteur au 14e Congrès de l'UNAR (Union nationale des associations régionales de sauvegarde de l'enfance et de l'adolescence) à Lyon en 1962 (fonds Paul Bertrand).
    Lire la suite
  • Pierre Bianquis

    1893 - 1977

    Médecin d’origine cévenole, Pierre Bianquis s’inscrit dans la mouvance du protestantisme social. Engagé volontaire durant la première guerre mondiale dont il revient gravement blessé, il soutient en 1922 sa thèse sur un mode de traitement de la syphilis et commence sa carrière administrative comme inspecteur d’Hygiène. Directeur régional de la Santé et de l’Assistance à Rennes pendant la Seconde guerre mondiale, il crée sous le nom de Fédération bretonne de sauvegarde de l’enfance et de l’adolescence, une des premières ARSEA (Associations régionales de sauvegarde de l’enfance et de l’adolescence) où se retrouvent magistrats spécialisés, éducateurs, médecins et assistantes sociales. Il s’engage parallèlement dans la Résistance, ce qui lui vaudra une huitième citation à la Libération.
    Après 1945, il quitte son poste en Bretagne et est envoyé en tant que médecin militaire d’un camp près de Hambourg. Réhabilité, il est nommé inspecteur divisionnaire de la Santé et directeur départemental de la Santé de la Seine inférieure. Il prend la présidence de l’ARSEA de Rouen constituée en janvier 1947 et est élu la même année maire de la commune de Banville dans le Calvados. En 1963, il crée près de Caen, au Mesnil de Louvigny, l’Institut Henri-Wallon, centre de formation d’éducateurs spécialisés qui sera transféré à Canteleu en 1968. Au niveau national, il occupe l’une des vice-présidences de l’UNAR (Union nationale des ARSEA) puis du CTNEAI (Centre technique national pour l’enfance et l’adolescence inadaptées). Nommé inspecteur général de la Santé, il exerce dans les années 1950 les fonctions de conseiller technique auprès du Pr Aujaleu, directeur général à la Santé.
    Il se consacre à de nombreuses associations, notamment l’Association nationale de réadaptation sociale impulsée par le ministère de la Santé pour la prévention de la prostitution chez les jeunes. A Montrouge, il joue un grand rôle dans la transformation en 1960 de l’ancienne école d’infirmières laïques en Institut de service social. Il en prend la présidence à partir de 1956 jusqu’à sa mort 25 ans plus tard. Il dirige également le bureau municipal d’hygiène de Montrouge.
    Pierre Bianquis est décoré de la croix de commandeur de la Légion d’honneur.
     
    Texte : Sylvain Cid
    Illustration : Emmanuel Rain, In memoriam. Dr Pierre Bianquis. Président du Conseil de Fondation (1893-1981), allocution prononcée lors de la séance du Conseil de Fondation de l’ITSRS de Montrouge du 10 décembre 1981, Montrouge, 1981, [12 p.].
    Lire la suite
  • Jean Blocquaux

    1939 - 2016

    Jean Blocquaux est né le 16 décembre 1939 à Novion-Porcien (Ardennes) dans une famille nombreuse (six enfants). Il fait ses études d’éducateur spécialisé à l’Ecole de Formation Psycho Pédagogique (EFPP) à Paris au début des années 1960. Intéressé par les adolescents il travaille dans un centre d’observation au Perray-en-Yvelines puis rejoint en 1967 le Père Michel Jaouen qui a ouvert à Paris le foyer des Epinettes afin d’accueillir des jeunes sortant de prison. Il occupe ensuite un poste d’éducateur dans un foyer d’adolescents à Saint Germain en Laye puis au Home de Fontenay-sous-Bois.
    C’est en 1975 qu’il prend contact avec l’association « Vers la Vie » dirigée par Jean-Claude Ferrand. Il devient alors le promoteur, avec son épouse Monique, du concept de service d’accueil d’urgence afin d’éviter à de nombreux jeunes en détresse le passage par la case prison : accueillir le jeune dans le bureau du juge, rétablir des liens avec la famille si possible et l’orienter. Il est soutenu par l’association et par les magistrats de la jeunesse alors en poste à Versailles (Jean-Pierre Rosenczveig, Alain Bruel, Martine Sem). Ce service ouvrira d’abord à son domicile, dans sa propre famille, puis dans les locaux de l’Oustal (ex Refuge) à Versailles et finalement à Bois-d’Arcy dans une structure enfin adaptée.
    Lors d’une visite de ce service d’accueil d’urgence en 1983, Madame Georgina Dufoix, Secrétaire d’Etat à la Famille, découvrant le rôle essentiel joué par un tel service, demande à Jean Blocquaux de rejoindre son cabinet comme conseiller technique à temps partiel puis à plein temps en 1984 lorsqu’elle sera ministre des Affaires Sociales.
    Les compétences éducatives de Jean Blocquaux s’avèrent particulièrement utiles lors de la Marche pour l’égalité et contre le racisme (Marche des Beurs, de Marseille à Paris du 15 octobre au 3 décembre 1983) : sa présence discrète permet d’éviter les dérives, une délégation de jeunes sera reçue à l’Elysée et la carte de séjour de 10 ans sera créée.
    Ces mêmes compétences permettront de faire évoluer le dispositif « Plan anti été chaud » de 1982 en un dispositif beaucoup plus efficace en demandant à l’Association Vers la Vie pour l’Education des Jeunes (AVVEJ) d’en assurer la gestion afin d’accélérer le financement des projets concernant les jeunes.
    Jean Blocquaux sera un acteur important pour la création du Revenu Minimum d’Insertion en 1988. En contact avec l’Abbé Pierre et avec Coluche il les appuiera dans leurs actions en faveur des plus pauvres.
    De 1988 à 1990 il est le Directeur de Cabinet de Madame Hélène Dorlhac, secrétaire d’Etat à la Famille, et contribue à la première loi sur la prévention des mauvais traitements à l’égard des mineurs (119 Allo Enfance Maltraitée) et à la rédaction de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE).
    Un décret du 7 novembre 1990 le nomme Inspecteur Général des Affaires Sociales (IGAS). Il sera alors chargé des rapports et inspections sur la protection de l’enfance. Dans ce cadre il effectuera des missions en Roumanie et au Vietnam où, à la demande du gouvernement, il mettra en place une formation d’intervenants sociaux.
    Jean Blocquaux nous a quittés le 25 août 2016. Homme généreux, chaleureux, inventif, il a su contourner des règles rigides au bénéfice des plus faibles et des plus défavorisés : un éducateur dans les sphères gouvernementales ça bouscule !
    Roger Bello
     
    Lire la suite
  • Isabelle Bogelot

    1838 - 1923

    Née à Paris en 1838 de parents originaires du Pas-de-Calais et orpheline dès l'âge de 4 ans, Isabelle Cottiaux est élevée dans la famille de la féministe et femme de lettres Maria Deraismes (1828-1894). Elle épouse en 1864 l’avocat parisien Gustave Bogelot (1837-1902), avec lequel elle partagera étroitement un fort engagement philanthropique. Dès après la guerre de 1870, elle s’intéresse aux sociétés de secours aux blessés militaires et obtient, avec le diplôme d’ambulancière, un second prix décerné à la suite de son service à l’hôpital Beaujon. En 1872, elle devient la collaboratrice de la fondatrice-directrice de l’Œuvre des libérées de Saint-Lazare, Pauline de Grandpré, à la tête de cette association créée deux ans plus tôt pour venir en aide aux femmes libérées de prison et qui reçoit également des condamnées à de petites peines confiées par les juges d'instruction. En 1883, elle accède au poste de directrice-adjointe auprès de Caroline de Barrau, avant de devenir la directrice générale de l’œuvre en 1887 jusqu'en 1905. L’Asile temporaire de Billancourt de cette société, destiné à recevoir des femmes libérées ou condamnées à des peines sans gravité ainsi que les enfants des prévenues, est créé sur son initiative en 1883. Dans le même temps militante féministe, Isabelle Bogelot se rend à de nombreux congrès internationaux, "pénitentiaires" ou "féminins", notamment à deux reprises aux Etats-Unis pour assister aux Congrès internationaux féminins de Washington et de Chicago. 
    En 1889, elle organise avec Emilie de Morsier et dans le cadre de l'Exposition universelle de Paris le premier congrès des oeuvres et institutions féminines. Cette manifestation donne lieu à la mise en place de conférences internationales et annuelles à Versailles, dont le compte rendu est publié dans la revue La Femme. Elle est l'une des principales artisanes de la création en 1901 du Conseil national des femmes françaises (CNFF) dont elle devient la présidente d'honneur, au côté de la présidente Sarah Monod. 
    Elle cumule les distinctions de présidente d’honneur de l’Union des femmes de France (UFF, une des sociétés du mouvement « Croix-Rouge ») à Boulogne-sur-Seine, de présidente d’honneur de l’Adelphie (société féminine d’entraide créée en 1893). En 1906, elle est la première femme nommée au Conseil Supérieur de l'Assistance et de l'Hygiène Publique. Elle décède à Boulogne-Billancourt en 1923.
     
    Texte : Sylvain Cid
    Illustration : Angelo Mariani dans Figures contemporaines, tirées de l’album Mariani, 1894-1925.
    Lire la suite
  • Hélène Campinchi

    1898 - 1962

    Hélène Campinchi, née Landry, est  la fille d’Adolphe Landry, démographe et économiste qui mène une longue carrière politique à la fois en Corse, au Conseil régional, et à l’échelon national comme député, sénateur et aussi ministre en plusieurs courtes occasions. Avocate au barreau de Paris, elle fait un peu de journalisme et participe à plusieurs cabinets ministériels auprès de son père puis de son époux, César Campinchi, brillant avocat parisien, député radical et ministre de la Justice puis de la Marine. En 1937, ce dernier dépose à l’Assemblée nationale une proposition de résolution qui préfigure l’ordonnance du 2 février 1945 relative à l’enfance délinquante. En 1940, le couple embarque sur le Massilia pour l’Algérie, d’où ils seront reconduits vers Marseille. Après la mort de César Campinchi en 1941 dans cette ville des suites d’une opération du foie, Hélène Campinchi s’engage dans une activité de résistance qui lui vaudra par la suite la médaille de la Résistance et la Croix du Combattant Volontaire de la Résistance. La Libération la voit accéder à un poste de chargée de mission auprès de François de Menthon, devenu garde des Sceaux depuis septembre 1944. A ce titre, elle préside la commission qui aboutit à la rédaction du projet de l’ordonnance du 2 février 1945, s’appuyant sur la proposition de résolution déposée par son mari en 1937 sur le droit et la protection des mineurs. L’exposé des motifs rédigé huit ans plus tôt y est repris mot pour mot. Parallèlement, Hélène Campinchi entame une carrière politique comme conseillère générale de Sari d’Orcinu et vice-présidente du Conseil général de la Corse (1945-1955), membre du comité directeur du Rassemblement des femmes républicaines (composante du Rassemblement des gauches républicaines) et vice-présidente du Parti radical et radical-socialiste en 1948. Elle continue aussi d’exercer des fonctions d’administratrice initiées avant guerre dans plusieurs associations de protection de l’enfance : Service social de l’enfance, La Tutélaire, Union des sociétés de patronage. Nommée experte auprès des Nations unies, elle recevra également les insignes de chevalier de la Légion d’honneur.

    Source illustration : collection du Centre d’expositions Enfants en justice, Savigny-sur-Orge.
    Texte : Sylvain Cid
     

    Lire la suite
  • Gilbert Cesbron

    1913 - 1979

    Gilbert Cesbron est né à Paris en 1913. Après des études au lycée Condorcet, puis à l’École des sciences politiques, il se destine au Conseil d’État, mais en 1936 pour « obliger un ami qui devait subir une opération, il entre provisoirement au service d’une station de Radio ». C’est le début d’une longue carrière comme directeur des programmes à Radio-Luxembourg, puis RTL. Parallèlement, il débute comme écrivain d’inspiration chrétienne par un recueil de poèmes : Torrent. Son premier roman paraît en Suisse : Les Innocents de Paris, en 1944, et obtient un véritable succès qui lui offrira le prix de la Guilde du livre, la même année. Sa notoriété s’affirme en 1948 avec Notre prison est un royaume qui reçut le prix Sainte-Beuve, ainsi qu’avec sa pièce la plus célèbre, également adaptée à la radio et à l’écran : Il est minuit, docteur Schweitzer. Il enchaîne les best-sellers avec Les saints vont en enfer, sur les prêtres ouvriers (1952, 1.648.000 exemplaires vendus) et surtout Chiens perdus sans collier (1954, 3.982.000 ex. vendus) qui suit la destinée de plusieurs enfants aux prises avec la justice des mineurs. Ces derniers sont notamment confrontés au juge des enfants, M. Lamy, aux allures de bon père de famille, qui s’inspire du vrai personnage de Jean Chazal de Mauriac. Le livre, devenu une référence pour les futurs éducateurs, est adapté à l’écran la même année par Jean Delannoy. En 1972, il se tourne vers l’action sociale et se trouve à la tête d’oeuvres humanitaires, devenant notamment secrétaire général du Secours catholique français. En 1977, il est invité par Bernard Pivot dans l’émission Ah vous écrivez ! pour commenter son livre Moi aussi je vous aimais sur l’histoire d’un enfant débile léger, abandonné par sa mère, orphelin de père qui se suicide en ayant légué son coeur, lequel coeur va être greffé à un homme riche qui va adopter l’enfant. Bernard Pivot se permettra de se montrer ironique : « Ça fait un peu mélo ! ». Gilbert Cesbron reçoit en 1978 le Prix de la ville de Paris pour l’ensemble de son oeuvre et meurt le 13 août 1979, à l’âge de 66 ans
    Source : portail Enfants en justice (www.enfantsenjustice.fr).
    Lire la suite
  • Jean Chazal

    1907 - 1991

    Jean Chazal naît au Puy en 1907. Il entre dans la carrière judiciaire comme son père Jules Chazal de Mauriac, qui terminera ses fonctions comme président du Tribunal de grande instance de Clermont-Ferrand. Après avoir exercé depuis 1931 les fonctions de juge, de substitut puis de procureur dans différents tribunaux auvergnats puis à Nevers, Jean Chazal se trouve en 1943 détaché par le ministère de la Justice auprès du Dr Grasset, secrétaire d’Etat à la Santé et à la Famille, pour diriger la coordination des administrations concourant à la « sauvegarde » de l’enfance déficiente et en danger moral. Il est secondé dans cette tâche par un major de l’Armée du Salut, Charles Péan, et une juriste sous-chef de bureau, Françoise Liévois. Délégué au Tribunal de la Seine en 1944, il devient en 1945 l’un des tout premiers juges des enfants. Loin de se cantonner à ces fonctions, Jean Chazal s’investit au contraire dans des associations spécialisées, dans l’enseignement et dans l’écriture d’ouvrages de vulgarisation. Il est notamment président, puis président d’honneur de l’ARPSEA (Association régionale parisienne de sauvegarde de l’enfance et de l’adolescence), président de 1954 à 1958, puis président d’honneur de l’Association internationale des juges des enfants (qui deviendra en 1978 l’AIMJ, Association internationale des magistrats de la jeunesse), administrateur de l’Association française de criminologie. Il intervient à l’Institut de Criminologie de l’université Paris II, participe à l’élaboration des programmes de la nouvelle école de cadres rééducateurs de Montesson, prend la parole au cours de multiples séminaires, colloques et congrès. Sur le terrain, il impulse notamment en 1950 l’un des premiers foyers de semi-liberté à Vitry-sur-Seine. Son amitié avec l’écrivain Gilbert Cesbron lui vaut d’être campé dans le personnage du juge du roman Chiens perdus sans collier, paru en 1954. Le roman sera adapté en film l’année suivante par Jean Delannoy, avec Jean Gabin dans le rôle du magistrat. En 1957, Jean Chazal entre à la Cour d’appel de Paris comme conseiller puis président de chambre. Il est nommé en 1966 conseiller à la Cour de Cassation, fonction qu’il conserve jusqu’à sa retraite en 1977. Il est fait chevalier, puis officier de la Légion d’honneur en 1960.
    Texte : Sylvain Cid.
    Source : portail Enfants en justice (www.enfantsenjustice.fr).

    Lire la suite
  • Pierre Compagnon

    1920 - 2015

    Pierre Compagnon naît le 10 juin 1920. Il est fils unique. Il suit une scolarité primaire et fait remonter à la lecture du livre d’Alphonse Daudet « Le Petit Chose » son désir de s’occuper d’enfants. Pendant ses études secondaires à Charleville dans les Ardennes il fait du scoutisme. Il poursuit ses études à l’Ecole Supérieure de Commerce et d’Industrie de Nancy. Il obtient son diplôme en 1939 et va faire un stage en Angleterre. La guerre éclate. En 1940 au moment de la débâcle, il participe avec les routiers du clan scout à l’évacuation.
    Il se retrouve à Béziers où il propose son aide à l’hôpital qui accueille de nombreux blessés. Après l’armistice « Les Compagnons de France » sont créés à l’initiative de plusieurs mouvements de jeunesse. Pierre Compagnon suit un camp de formation en septembre 1940. Il est envoyé comme chef de compagnie pour assurer les vendanges avec une trentaine de jeunes séjournant dans les centres d’accueil. Puis c’est la fabrication de charbon de bois dans la montagne proche avec l’amorce d’un réseau de résistance et le lien avec l’Ecole des Cadres d’Uriage. Il participe comme cadre à un camp-école avec l’écrivain Maurice Clavel.
    En 1942, lors de la dissolution des Compagnons de France, Pierre Compagnon est chargé de l’enseignement général dans la zone Sud avec la mise au point de programmes de pré-apprentissage et d’apprentissage. En 1944 il dirige un centre de pré-apprentissage installé dans le château du Centre national des Compagnons de France. Son épouse, Françoise, l’infirmière et la secrétaire sont les seules femmes de cet établissement. Ce centre sera repris par l’Education Nationale en 1946.
    En 1947 Pierre Compagnon crée avec le Docteur Kohler de l’Association de Sauvegarde du Rhône un foyer de semi-liberté à Saint-Genis-Laval. Il fait alors la connaissance de Victor Girard et de Jean Ughetto (voir leurs biographies) qui viennent visiter le foyer.
    C’est en septembre 1947 que Pierre Compagnon est contacté par Jacques Douai pour prendre la direction d’un établissement à La Roche Guyon dont ce dernier assurait l’économat : en effet il préférait se consacrer à la musique, jouer de la guitare et aller chanter dans les cabarets. Cet établissement fonctionnait depuis 1946 dans le cadre du Service Social de la Marine, puis de l’Action Sociale des Armées. Les enfants étaient affectés par une structure centrale du Ministère des Armées. L’établissement était mixte et recevait des fratries.
    A partir de son expérience auprès des jeunes acquise pendant la guerre Pierre Compagnon va mettre en œuvre dans cet établissement des méthodes éducatives nouvelles. Ne pouvant scolariser les enfants dans l’école du village, il ouvre une école privée avec trois classes dans un baraquement livré par l’armée et, avec l’appui de sa femme, développe une scolarité qui s’inspire des méthodes Freinet, Montessori, Decroly. Les enfants vivent dans des groupes et sont logés dans des chambres avec la présence d’un ou deux éducateurs. Des ateliers d’expression fonctionnent sous forme de clubs (poterie, vannerie, photo, peinture libre…). Les enfants circulent librement dans le parc dont ils sont responsables. Un coin est réservé pour la construction de cabanes. Des animaux sont autorisés. En 1950 l’établissement accueille 32 enfants de 5 à 20 ans et l’effectif montera progressivement jusqu’à 70 enfants. Une section de pré-apprentissage fonctionne : bois, fer, électricité, dessin industriel. Dès les années 50 Pierre Compagnon fait intervenir des psychiatres et des psychologues. Françoise Dolto et Maud Manonni seront présentes dans l’établissement.
    Il attache une grande importance à la culture et fait venir des artistes dans l’établissement. Jacques Douai sera évidemment l’un des plus assidus. Les enfants fréquentent le Théâtre National Populaire (TNP). Pierre Compagnon participe ainsi à l’essor de nouvelles prises en charge des jeunes dans un climat de confiance et de responsabilisation tout en tenant compte du traitement indispensable des perturbations subies par ces jeunes.
    A partir de 1965 Pierre Compagnon qui est impliqué au sein de l’ANEJI et de l’UNIOPSS travaillera bénévolement pour le Bureau International Catholique de l’Enfance (BICE) avec l’Abbé Bissonnier. Après un congrès du BICE au Liban il participe en 1963 à la création de l’Association Mondiale des Amis de l’Enfance (AMADE) sous l’égide de la Princesse Grace de Monaco. Il fera partie du conseil d’administration pendant quelques années. Au BICE il est à l’initiative avec André Vial (Recherche et Promotion à Lyon) du Groupe d’Etude des Milieux Educatifs Suppléant la Famille (GEMESF) qu’il présidera. Lorsque l’Abbé Bissonnier s’en retirera il présidera également la commission médico-sociale du BICE de1980 à 1992. Ces implications lui donnent une ouverture internationale. Pierre Compagnon prend sa retraite en 1987 mais reste actif au BICE et aussi au CNAHES, convaincu du devoir de transmission pour les anciennes générations. Il décède le 20 mai 2015. De nombreux anciens de son établissement sont présents pour l’accompagner.
    Roger Bello
    Lire la suite
CNAHES - Tous droits réservés - Mentions légales - Plan du site - Crédits - Espace privé